Interview de

Guillaume MADINIER : Instructeur de BOKATOR à Marseille, premier krama noir européen. 

 

 

 

Bonjour Guillaume peux-tu te présenter et nous raconter comment tu as connu le Bokator ?

 

J’ai bientôt 32 ans. J’ai découvert les arts martiaux/sports de combats très tard. De 28 à 30 ans j’ai pratiqué un peu de Muay Thaï et de Jeet Kune Do.

 

À 30 ans j’ai quitté mon travail et suis parti en Asie du Sud-Est apprendre les arts martiaux traditionnels. Au départ mon idée était de faire 3 pays : les Philippines pour l’Arnis, la Thaïlande pour le Muay Boran/Muay Chaya, et l’Indonésie pour le Penchak Silat.

 

Mais peu avant de partir mon professeur marseillais de Muay Thaï, Michel Alexandre, m’a parlé du Bokator qu’il venait lui-même de découvrir grâce a la famille Sébire qui venait de donner un stage, pour la première fois à Marseille, de Kun Khmer et Bokator.

 

J’ai alors compris que le Bokator était l’origine de toutes les boxes du sud-est asiatique et également l’ancêtre des arts martiaux thaïlandais. J’ai donc voulu aller à la source.

 

 

Qu’est ce que le Bokator ?

 

C’est l’art du combat des guerriers de l’Empire Khmer, il remonte à plus d’un millier d’années et puise ses origines dans les arts martiaux indiens, la culture indienne ayant inspiré sur tous les plans  la culture khmère.Il faut savoir que les guerriers khmers dominaient toutes l’Asie du Sud-Est continentale (Laos, Vietnam, Thaïlande, et Cambodge actuels) sous le règne du grand Jayavarman VII (1181-1219). IIs étaient réputés pour leur efficacité redoutable au corps à corps et étaient une des seules armées au monde à ne (quasiment) pas utiliser d’armure, contrairement à leurs adversaires, afin de favoriser les mouvements du corps et ainsi la rapidité et l’efficacité de leurs techniques.

 

Le Bokator est un art martial complet comprenant environ 10 000 techniques, utilisant également des armes : bâton court (1 ou 2), bâton long, couteau, épée, nunchaku cambodgien, krama (écharpe cambodgienne)…

 

Il se caractérise par des techniques de combat rapproché favorisant la vitesse, la contre-attaque, et la destruction partielle ou totale de l’adversaire. Il regroupe des techniques de poings, pieds, coudes, genoux, de saisies, de clés, des techniques au sol, et des techniques de self-défense. Mais le Bokator  est bien plus que cela, il est infini, toute partie du corps étant une arme (doigts, orteils, tête, épaule, hanche ...)

 

Le leitmotiv du Bokator est « three inches power » : on reste souple et décontracté (afin d’être rapide) et on ne contracte qu’au dernier moment, c'est-à-dire à environ dix centimètre de la cible.

 

C’est donc un art martial très efficace.

 

 

Comment s’est passé ton arrivée au Cambodge ?

 

Après quelques mois passés aux Philippines, j’ai contacté la famille Sébire pour me renseigner sur un stage de Bokator au Cambodge (au lieu d’aller en Thaïlande). Môm Sébire m’a répondu aussitôt en m’invitant à les rejoindre 15 jours plus tard à Phnom Penh pour un stage de Kun Khmer qu’ils organisaient et qu’elle pourrait alors me présenter au grand maître. J’ai donc participé à ce stage et eu l’occasion de me rendre à la CBA (Cambodian Bokator Academy) de Phnom Penh et ainsi rencontrer Grand Maître San Kim Sean (krama d’or, c-à-d le plus haut niveau en Bokator, fondateur de la Cambodian Bokator Federation et de la CBA, père du Bokator contemporain).

 

J’ai commencé mon stage de Bokator à l’issue de celui de Kun  Khmer (août 2009).

Je suis finalement tombé amoureux de cet art martial et ai décidé de rester au Cambodge afin d’aller jusqu’au krama noir (= ceinture noire). J’ai donc fait une croix sur l’Indonésie, même si je suis persuadé que le Penchak Silat est aussi un art fabuleux.

 

 

Peux-tu nous parler de ta formation là-bas ?

 

Je me rendais tous les jours à l’Académie, y compris le week-end, et je m’entraînais 4 à 8 h par jour.

 

Le matin pendant 2h j’avais la chance d’avoir un instructeur pour moi, l’après-midi je participais au cours quotidien du club (2H) et le reste du temps je m’entraînais seul. On favorise le matin tôt et l’après midi tard afin d’éviter les heures les plus chaudes du milieu de journée.

 

Là-bas les cours collectifs du soir ne se déroulent pas de la même manière qu’en France : seul l’échauffement et quelques exercices sont collectifs, ensuite chacun travaille les techniques de son côté, tout seul ou par petits groupes de 2, 3, 4 personnes. L’instructeur qui supervise le cours passe corriger les élèves et leur donne de nouvelles techniques en fonction de leur niveau et de leur assimilation.

 

Il faut comprendre qu’un art martial traditionnel exige une rigueur qui nécessite que l’élève  s’investisse pleinement et répète sans cesse les techniques pour les assimiler parfaitement.

 

Quand je suis arrivé, l’Académie n’avait que 4 ans d’existence et le fonctionnement n’était pas encore optimal. Peu à peu tout cela se structure : meilleurs instructeurs, entraînements de plus en plus construits, cours d’armes (bâton cour, bâton long) mis en place le week-end… bref, c’est de mieux en mieux !

 

 

Ton intégration avec les Cambodgiens ?

 

Très bien. Certes une partie des étudiants du cours du soir ne me calcule même pas (je reste un blanc, un étranger, un privilégié qui a donc assez d’argent pour se payer un stage sans avoir à travailler en même temps ! C’est un pays qui a  beaucoup souffert et qui souffle seulement un peu depuis une dizaine d’année…) mais les instructeurs m’ont super bien accueilli et ont toujours été présents pour m’enseigner le Bokator et répondre à mes (nombreuses !) questions.

 

Ils apprécient le sérieux, la discrétion, et l’humilité. Du moment que tu agis comme cela ils s’occupent très bien de toi. Je pense aussi qu’il est important de passer du temps avec eux en dehors des cours, de lire des livres sur le pays et ses habitants, pour découvrir davantage la culture, la  langue, la mentalité, et essayer de vivre le plus possible comme eux (logement, nourriture…), afin d’appréhender au mieux l’essence de leur art. Ça fait partie de l’entraînement, sinon tu passes à côté de beaucoup de choses essentielles.

 

Et évidemment, au fur et à mesure, les affinités se créent et je me suis fait des amis.

 

 

Que réponds-tu aux gens qui disent que le Bokator de Maître Ta Sean n’est pas authentique ?

 

Au départ je doute toujours, préférant me faire mon idée avec l’expérience. De plus je venais des Philippines où il y a quasiment plus de grands maîtres que d’élèves car chacun crée son propre style et devient ainsi le grand maître de son système, alors qu’il n’a rien d’un grand maître !

 

J’ai donc pris le temps de saisir qui était vraiment Ta Sean au cours des 6 mois passés a ses côtés.  Mon verdict est sans appel : GM San Kim Sean n’a pas usurpé sa position ! C’est un génie, un travailleur acharné qui dédie sa vie a la renaissance du Bokator et qui, malgré son âge, ne dort pas plus de quatre à cinq heures par nuit. Il vit dans un petit deux pièces avec sa femme et son fils, dort et travaille sur le même hamac depuis des années, et roule dans une voiture qui est presque aussi vieille que moi ! Il faut bien comprendre qu’il a créé tout seul (à partir des nombreuses techniques qu’il a récoltées pendant des années auprès des derniers grands maîtres encore en vie, ajoutées à celles apprises dans sa jeunesse auprès de son oncle) un système, afin de pouvoir rendre l’enseignement du Bokator accessible à tous.

 

Le Bokator enseigné à la CBA est authentique et traditionnel. Certes, dans sa grande intelligence, GM Ta Sean a apporté des modifications nécessaires à notre époque. On ne se bat plus aujourd’hui comme il y a 1000 ans, heureusement. L’évolution d’un art martial ne veut pas dire le dénaturer mais le rendre toujours plus efficace. Tous les arts martiaux évoluent.

 

Pour l’anecdote, j’ai vu sur des bas-reliefs de temples des 11°/12° siècles des représentations de la position du cheval, la même que l’on apprend au sein de l’Académie.

 

De tout temps et dans tout milieu il y aura toujours des gens jaloux… Le problème est que bien souvent ces gens ne savent pas de quoi ils parlent et n’ont pour certains jamais mis les pieds au Cambodge !

 

J’ai réalisé que GM San Kim Sean est à mettre au même niveau que les grands maîtres que sont Bruce Lee et Remy Presas (fondateur du Modern Arnis) par exemple. Malheureusement ces deux derniers sont morts… C’est donc une chance énorme d’apprendre auprès de Ta Sean (car il est le seul à posséder l’ensemble des techniques) et j’encourage tout le monde à partir étudier au sein de la CBA.

 

 

Décrit nous ton sentiment d’être un précurseur en France, en Europe et même dans le monde car le Bokator reste très méconnu.

 

D’abord une petite précision. Quand on dit premier krama noir européen c’est seulement une question de chronologie, c’est juste que j’en ai eu l’occasion à ce moment-là dans ma vie. Je ne suis pas le premier en terme de niveau et là n’est pas la question. Rappelons aussi que Benjamin Sébire a effectué son premier stage à la CBA avant moi et que c’est grâce a lui que j’ai découvert le Bokator. Nous avons été certifiés krama noir à quelques mois d’intervalles. Il n’y a pas de premier ou deuxième, nous sommes une seule et même famille, nous sommes solidaires, et nous tenons par cela à nous démarquer de certaines fédérations/commissions où les gens passent leur temps à se tirer dans les pattes plutôt que d’œuvrer pour le développement de leur art. Telle est la Voie. Malheureusement trop de pratiquants d’art martiaux l’oublient et s’en éloignent au profit du bizness ou de la prise de pouvoir. (Il y a également d’autres Français qui étaient krama bleu avant moi, mais qui n’ont pu ou voulu aller plus loin).

 

Pour répondre à ta question, certes je ressens une grande fierté, mais cela implique aussi une grande responsabilité car l’histoire contemporaine du Bokator est à écrire. Nous, kramas noirs cambodgiens et occidentaux, ne sommes que des disciples et ne sommes qu’au début de l’apprentissage. Nous devons donc rester fidèle à l’enseignement de notre maître (sans le dénaturer), continuer à travailler pour nous améliorer, et promouvoir le Bokator à travers le monde pour le faire connaître, de façon à ce que dans le futur nous soyons de nombreux instructeurs avec toujours plus d’élèves, et ainsi créer une fédération internationale. Si le Bokator se développe ce sera grâce à nous, mais s’il disparaît ce sera de notre faute. Nous sommes responsables de l’héritage que notre grand maître nous transmet.

 

 

 

Que fais-tu pour le Bokator aujourd’hui ?

 

Je suis seulement krama noir, cela signifie (comme dans tout art martial) que ce n’est que le début des choses sérieuses. Cependant, j’ai été certifié instructeur international et me suis engagé à transmettre les quelques techniques que je connais, à mon simple niveau. J'enseigne à mes élèves les techniques exactes dispensées à l’Académie de Phnom Penh.

 

J’ai pour l’instant 2 cours par semaine et peu d’élèves. Le but est de développer le Bokator. Ça prendra le temps qu’il faudra. J’espère bien sûr que dans le futur il y aura plus de créneaux et de nombreux élèves. Même si Benjamin et moi habitons loin l’un de l’autre, nous nous rencontrerons parfois afin de travailler ensemble. J’attends aussi avec impatience le retour de mon ami Derek Bidaut (en formation à la CBA pendant un an), qui, lorsqu’il reviendra à Marseille, sera alors peut-être l’occidental ayant le plus haut niveau en Bokator, en espérant qu’il désire enseigner. Ce serait formidable pour le Bokator et pour Marseille !

 

Les cours de Bokator sont destinés à tous les publics : femmes, hommes, enfants, débutants ou confirmés en arts martiaux/sports de combats (telle la Muay Thaï, afin d’intégrer à leur sport des techniques supplémentaires). C’est un art de guerrier mais son but est désormais avant tout de permettre de se protéger soi-même et sa famille, et de devenir quelqu’un de meilleur spirituellement, tel que nous l’enseigne la Voie. Cela se passe aussi bien dans la tête que dans les muscles.

 

 

Un mot pour la fin ?

 

Je tiens à remercier :

 

Mes krus en France (professeurs en khmer ndlr) : Stéphane Demri (Jeet Kune Do), Michel Alexandre (Muay Thaï), Philippe Sébire (Kun Khmer), sans qui je n’en serais pas là.

 

Benjamin et Môm Sébire qui ont rendu possible mon stage à la CBA.

 

Mes instructeurs et amis de la CBA : Dareth, Koung, Van, Saou, Bountha, Pisset, Mala, Kalonton, Sophal, Kim, Bory, Long, Chomna…et Zeb !

 

Mes « collègues » Rémi Armagnac et Derek Bidaut.

 

Évidemment  un immense merci à mon maître : Grand Maître San Kim Sean, qui m’a enseigné bien plus que le Bokator.

 

 

Et venez apprendre le Bokator !!!

(au LifeClub, 40 rue du Dr Escat 13006 Marseille

le mardi de 21h à 22h30 et le vendredi de 19h15 à 20h30)

 

pour plus d'infos: www.ecr-jkd.com

 

 

 

Interview réalisée par Rémi Armagnac le 06/10/10 

 

 

 

Interview de Monsieur Erick ROMEAS

 

Président et fondateur de la FULL CONTACT ACADEMY depuis plus de 30 ans à Marseille au Sporting club de la sécurité sociale, section Full Contact Academy Concepteur de la nuit des champions

 

M Erick ROMEAS et Michel Alexandre(à gauche)
M Erick ROMEAS et Michel Alexandre(à gauche)

 

Comment avez-vous connu le Kun khmer ?

 

J’ai connu le Kun khmer par un de mes professeur de muay thaï de la Full contact academy : Michel ALEXANDRE qui possède un brevet professionnel et qui lui-même à découvert le Kun khmer grâce à Philippe SEBIRE (Président de la commission nationale Kun khmer) et sa famille qu’il à fait venir en stage à Marseille en 2009.

 

 

Cela va faire maintenant plusieurs fois que vous accueillez dans vos murs un stage de Kun khmer et Bokator.Que pensez vous de ces disciplines ?

 

C’est une discipline qui est nouvelle pour moi bien que ce soit la plus ancestrale des disciplines, c’est l’ancêtre du muay thaï et si j’ai bien compris l’histoire ce sont les thaïs qui « auraient piqués » le Kun khmer aux cambodgiens…

 

Donc j’ai découvert cette discipline, qui mérite que l’on en parle, qui mérite de voir le jour et de sortir des arcanes de ce pays le Cambodge où quelque part il y a un mal vivre. Et tous les gens qui pratiquent cet art la bas ont vraiment quelque choses à nous apprendre, quelque choses de nouveau. Quand je dis quelque chose de nouveau, c’est par rapport au muay thaï car on fait toujours le parallèle avec le muay thaï qui est hyper connu chez nous.

 

Lorsque Michel ALEXANDRE m’a fait découvrir cet art avec Philippe SEBIRE et sa famille venu faire un stage ici(2009) je les ai accueilli à bras ouverts car d’ abord  ce sont des gens sympathiques et qui méritent tout à fait que l’on accorde du temps eut égard à tout ce qu’ils investissent dans cette discipline. Quand j’ai vu le petit Benjamin (fils de Philippe) pétri de talent, à quelques égards près, ça me rappelait un petit peu le film ONG BAK.

 

Avec des techniques nouvelles mais que l’on ne peut pas voir en France sur le ring car elles sont interdites mais oh combien efficace en complément du muay thaï.

 

Alors je sais pas au  niveau fédéral jusqu’ où l’on va pouvoir aller avec le Kun khmer mais toujours est-il qu'elle à sa place et que j'ai été très agréablement surpris de voir cela chez moi.  Donc on a remis le couvert et on va encore les recevoir pour un stage avec Bory yarn (Champion de Bokator) qui lui est plus axé sur le travail au sol, chutes, corps à corps plutôt que sur les poings mais c’est ça le véritable Kun khmer donc il nous tarde de suivre sont enseignement.

 

 

Pensez-vous un jour aller au Cambodge ?

 

C’était prévu fin juin de l’année passée avec Philippe mais pour des raisons diverses je ne suis pas parti mais je suis enthousiasmé à l’idée d’y aller; je sui parti le mois dernier en Thaïlande.

 

J’ai fais a peu prêt le tour de la planète en matière de pieds poings mai je n’étais pas encore allé en Thaïlande, j’ai été surpris: j’ai un petit peu découvert l’ambiance des nak muay locaux au Lumpinee lors du thaï fight lors de l’anniversaire du roi…

 

Mais le Cambodge c’est autre chose et comme je le disais les cambodgiens n’ont pas grand-chose et ils méritent que l’on s’attarde un peu plus sur leur façon de vivre et sur la discipline nationale (Kun khmer) qui les fait vivre.

 

 

Les boxeurs  khmers montent d’année en année ne serait-t-il pas exclus qu’un d'entre eux vienne boxer à la nuit des champions ?

 

Une fois encore c’était prévu l’année passée.

Il était prévu que l’on prenne des Cambodgiens Philippe m’avait envoyé des palmarès de boxeurs avec des noms. Ce n’est surtout pas une question d argent car ils sont plus abordables que les thaïs en tout cas et puis ça ne s’est pas fait, en fonction des adversaires …

 

Mais il n’est pas impossible que notamment dans la prochaine nuit des champions il n’y est pas un cambodgien. Maintenant quand je dis que je suis intéressé par cette discipline qui demande à être développée et à être connue ou à en parler comme on le fait aujourd’hui.

 

Il faut la faire connaitre au grand public et en tant qu’organisateur moi mon soucis est de séduire le public; je connais mon public et ce public les disciplines ancestrales traditionnelles ce n’est pas ce qu’attendent les marseillais; le public marseillais veut le carton c’est à dire du rythme, du punch de l’engagement du contact et si possible des K.O.

 

Si j’arrive à lui donner tout ça j'ai gagné !mais si comme la dernière fois lors des combats de muay thaï qui finissent aux points ou ça frite pas vraiment, le public s’ennuie un petit peu.

 

Et comme les cambodgiens ne présentent pas un gros bagage technique aux poings c’est plutôt corps à corps, projections ….c’est ce qui me fait un petit peu peur et lorsque j’en avais fait par à Philippe SEBIRE et Michel ALEXANDRE ils étaient d’accord avec moi en ce qui concerne cet aspect la de la promotion.

 

Je voudrai que Philippe me sorte un gars qui arrache qui ne laisse pas insensible le public comme l’a fait Mabel, Kem, Alamos, Sittichai….si un gars débarque qu’il est inconnu et qu’il est moyen cela va être dur de le faire revenir.

 

Le public tient à ces engagements et le Kun khmer comme le muay thaï manque un peu de rythme alors que par exemple en Full il y a plus de rythme et c’est ce qui plait ! Il faut aussi séduire une télé notamment canal plus et pour la dernière nuit des champions, on comptait beaucoup sur le muay thaï alors que finalement  c’est le full qui est ressorti.

 

"Philippe il faut que tu me trouve une vedette de Kun khmer ! Pour la nuit des champions !".

 

 

Un stage est prévu prochainement avec un expert en Bokator : Bory Yarn venu de Phnom Penh qu’attendez-vous de lui ?

 

Pour un futur stage avec Bory yarn j’attends qu’il soit un peu plus médiatisé pour intéresser un public le plus large possible.

 

Ceci dit je pense qu’il a bien l’habitude des stages je veux qu’il nous fasse découvrir le Kun khmer. Comme Benjamin l’a fait précédemment. Malgré son jeune âge il mériterait d’être vu à la nuit car c'est aussi un combattant…j’attends qu’il apporte des techniques nouvelles qui séduisent les élèves car les gens ne connaissent pas bien les disciplines cambodgiennes.

 

Les khmers méritent cette reconnaissance aux yeux du monde; à l’entrainement on voit des techniques spectaculaires mais comment les pratiquer en compétitions ?car il faut pouvoir les adapter sur un ring, parce que si on ne peut pas les appliquer autant rester au muay thaï. Le Bokator apportera vraiment de la nouveauté comme le muay boran, muay chaya… et j’espère qu’à termes des formations, des compétions des passages de grades se feront: J’ai ma petite idée dessus…

 

Avec un peu de répétition, d’abnégation, de travail sur le terrain comme le font Philippe et Môm eh bien on devrait arriver à avoir des sections purement Kun khmer à l’avenir.

Aujourd’hui le Kun khmer c’est la petite soeur des pauvres des sports pieds poings alors qu’elle était la avant toutes les autres et ça nous devons nous en souvenir !

 

 

http://www.ndcboxing.com/website/?m=ndc-blog

 

 

 

Interview réalisé par Rémi Armagnac

membre de la commission nationale Kun khmer

 


Interview  de Jean Philippe ANDRE

 

Entraineur à Trith st léger

 

 


Comment  tu as connu le Kun khmer ?

 

J'ai connu le Kun khmer grâce à ma femme qui est Cambodgienne. En juin 2007 lorsque je pars au Cambodge pour mon mariage là-bas, c'est elle qui m'en a parlé puis j'ai rencontré Philippe Sébire lors d'un gala de Kun khmer/muay-thaï près de chez moi à Condé en 2008.

 

Es tu déjà allé au Cambodge et qui as tu rencontré ?

 

Les deux premières fois que je suis allé au Cambodge c'était pour rencontrer ma future femme Cambodgienne en novembre 2006 pour nos fiançailles et en juin 2007 pour mon mariage au Cambodge, à la Cambodgienne !

 

Pas de boxe mais je découvre les magnifiques TEMPLES D'ANGKOR ! C’est au cours de mon 3eme séjour et pour une période de 6 semaines qu'en Février 2009 je retourne au Cambodge pour m'entrainer au Kun khmer et rencontrer des champions khmers. Grace à la carte de visite de Philippe J'ai pu m'entrainer avec la légende vivante EH PHOUTONG, j'ai rencontré son frère OT et aussi NUON SORIYA. J'ai également pu assister aux combats sur TV5.

 

Par rapport au muay thaï que trouves tu de différent par rapport au muay thaï ?


Par rapport au muay-thaï, il est vrai que le KUN KHMER utilise beaucoup plus les coudes et les genoux ! Et il y a une place plus importante pour le corps à corps !


Que penses-tu de l'open tour France Kun khmer, en tant qu'entraineur et pour tes boxeurs ?

 

Ce que je pense de l'open tour France Kun khmer: c'est un concept génial ! En tant qu'entraineur: Pouvoir laisser les boxeurs se "démêler" en corps à corps accentue le coté traditionnel car le corps à corps en lui même est tout un art, une science qu'il faut laisser s'exprimer comme au Cambodge ! Il fait partie intégrante du combat. Il y a une ambiance, une atmosphère avec les musiciens et les danseuses qui accompagnent les boxeurs sur le ring, c'est extra !
L'idée de la revanche dans un bref délai pour affirmer une 1ére victoire ou permettre au vaincu de se ressaisir et de prendre l'avantage est très intéressant. (La revanche devient plus tactique car vous connaissez votre adversaire). Pour les boxeurs: c'est un double challenge et quelle MOTIVATION ! , ils en redemandent, ils sont fiers de participer à cet open.

 

 

Que penses-tu de pouvoir faire boxer tes boxeurs en muay thaï et en Kun khmer sous la même licence ?

 

Le fait de pouvoir boxer en muay-thaï et en Kun khmer sous la même licence multiplie les rencontres,  c'est deux fois plus de possibilité de boxer.

 

 

Comment t'ai venu l'idée d'organiser le stage de Kun khmer et bokator dans ton club ?


Je voulais faire un stage dans mon club depuis l'année dernière déjà mais il a fallu convaincre quelques personnes avant. Je voulais vite faire savoir et revendiquer que le Kun khmer est l'origine du muay-thaï et de toutes les boxes du Sud Est Asiatique. Je veux aider la promotion du Kun khmer et du Bokator dans le nord pas de calais aussi la moindre des choses était de commencer "chez moi" de faire un stage dans mon club. Je me devais de montrer l'exemple !

 

Quels sont les ressentis de tes boxeurs après le stage, ont ils aimés, souhaitent-ils remettre l'expérience une autre fois et comment ?

 

Les ressentis des boxeurs après le stage: Tous, unanimement, ont appréciés le stage. De superbes techniques ! Ils souhaitent renouveler l'expérience dès que possible, surtout mon groupe de combattant souhaiterait venir sur Andrésy, dans le club de Philippe, pour encore progresser dans le Kun khmer. Ils ont soif de savoir.
Certains participants envisagent le stage de 3 semaines au Cambodge.
PERSONNELLEMENT: je remercie MOM pour la gestion et l'organisation du stage, c'était parfait. Je remercie Philippe pour son stage de KUN KHMER qui a été très CAPTIVANT et merci à Benjamin "SARIN" pour son stage de BOKATOR qui a été tout bonnement IMPRESSIONNANT.

 

Que penses tu du bokator, est ce que les techniques peuvent t'apporter de améliorations techniques pour tes compétiteurs ?

 

Le Bokator est un excellent art martial, très riche techniquement, j'aime son côté traditionnel, ancestral ! Benjamin nous a montré et démontré des techniques simples mais percutantes et applicables pour les boxeurs. C’est sûr que techniquement ils vont s'améliorer et même SURPRENDRE.

 

Quels sont les boxeurs khmers que tu aimerais rencontrés en stage ?

 

J'aimerais tant revoir mon kru EH PHOUTONG en stage, SEN BUN THEN qui m'a impressionné juste avant sa blessure ; NUON SORYA le sage mais aussi la génération montante que je ne connais pas.

 

Qu’attends-tu du Kun khmer en France, que souhaiterais-tu voir un jour en France par rapport à cette culture ancestrale ?

 

Je souhaite que le KUN KHMER se développe à grande échelle en France avec toute la reconnaissance qu'il mérite. Je souhaite que le KUN KHMER reprenne ses lettres de noblesse et que le monde entier sache ENFIN que les khmers ont inventés cette discipline et non pas la Thaïlande qui n'a fait que la commercialiser et n'a même pas acceptée de reconnaître la paternité Cambodgienne !! Je souhaite que le KUN KHMER et le BOKATOR  reprennent leur place.

 

Après un stage ponctués de technique et de découverte culturel, quel message as tu à tous ceux qui comme toi vibre les sport pieds poings ?

 

Mon message est le suivant: J'aimerai que les jeunes comprennent, surtout les futurs combattants que " c'est la régularité qui paie" C'est grâce à mon ASSIDUITE et mon SERIEUX a l'entrainement que j'ai toujours progressé ! Une pratique régulière et continue est la clé du progrès. Donc soyez sérieux, assidu, volontaire et surtout Respectueux: c'est le début de la progression et elle se paie en une seule monnaie : la SUEUR !

MERCI ET VIVE LE KUN KHMER !!

 

  CNKK .FFSCDA

 

FESTIVAL DES ARTS MARTIAUX BERCY 2011

 

  http://rotha.blog.lemonde.fr/2011/03/27/le-bokator/